Publié : 16/09/2026 Varroa avant l'hiver : pourquoi septembre est une période décisive Catégories : Apiculture Septembre, le mois où se joue une partie de l'hivernage En apiculture, septembre n'est pas seulement le mois qui marque la fin de la haute saison. C'est aussi une période charnière pour la lutte contre le Varroa. À mesure que les jours raccourcissent, la colonie commence à réduire sa population et à préparer les abeilles qui devront vivre beaucoup plus longtemps que les ouvrières d'été. Or, au même moment, la pression parasitaire peut devenir particulièrement lourde : le nombre de varroas ne baisse pas nécessairement au même rythme que la population d'abeilles. Cette concentration du parasite sur une population plus restreinte augmente le risque de voir naître des abeilles d'hiver affaiblies. La FNOSAD rappelle qu'en fin d'été et à l'automne, les populations de varroas peuvent être maximales alors que la population d'abeilles diminue, avec des conséquences sur la longévité, l'immunité et la sensibilité aux agents pathogènes. C'est pourquoi septembre est une période décisive pour évaluer la situation sanitaire du rucher, vérifier l'efficacité des mesures déjà mises en place et éviter d'entrer dans l'hiver avec une infestation résiduelle trop élevée. Pourquoi le varroa est particulièrement dangereux avant l'hiver Le varroa se nourrit aux dépens des abeilles et se reproduit dans le couvain operculé. Son impact ne se limite pas à la présence visible d'acariens sur les abeilles adultes : le parasite affaiblit les individus en développement et favorise la transmission du virus. Les abeilles d'hiver doivent rester performantes plusieurs mois Les abeilles d'hiver ont une mission différente de celle des ouvrières nées au printemps ou en plein été. Elles doivent assurer la survie de la grappe pendant les mois froids, maintenir la thermorégulation, puis accompagner la reprise du couvain lorsque les conditions redeviennent favorables. Leur longévité est donc un capital biologique majeur. Si ces abeilles sont parasitées au stade nymphal ou au début de leur vie adulte, la colonie peut entrer dans l'hiver avec une population numériquement correcte mais physiologiquement affaiblie. Les conséquences peuvent n'apparaître que plusieurs semaines plus tard : diminution rapide de la population, mauvaise tenue de la grappe, sensibilité accrue aux virus ou mortalité hivernale. Une pression parasitaire qui se concentre à la fin de l'été La difficulté vient d’un effet de ciseaux : en fin de saison, le couvain et la population d’abeilles commencent à se réduire, tandis que la population de varroas, qui s’est accumulée au cours de la saison, peut rester importante. Pourquoi septembre est une période décisive contre le varroa 1) Les abeilles d'hiver sont en cours de production Dans de nombreuses régions françaises, septembre correspond encore à une phase importante de production des abeilles d'hiver. Une fiche technique de la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes rappelle explicitement que leur bonne santé conditionne leur longévité et donc la survie de la colonie. Plus l'assainissement sanitaire intervient tôt après la fin des miellées, plus la colonie dispose de temps pour élever plusieurs générations d'abeilles dans de meilleures conditions. 2) C'est le moment de vérifier, pas seulement de traiter Une erreur fréquente consiste à considérer qu'un traitement posé ou terminé signifie que le problème est réglé. En réalité, la stratégie anti-varroa doit intégrer un contrôle de l'infestation avant et après l'intervention. Les recommandations sanitaires récentes insistent sur l'intérêt des comptages pour juger si la pression parasitaire a réellement diminué et décider, si besoin, d'une action complémentaire. Cette vérification est d'autant plus importante que l'efficacité peut varier selon la molécule, la température, la présence du couvain, la mise en œuvre du traitement, les phénomènes de réinfestation ou encore l'apparition de résistances. 3) Attendre trop longtemps peut pénaliser l'hivernage Traiter tardivement une colonie très infestée peut réduire le nombre de varroas sans pour autant réparer les dommages déjà subis par les abeilles d'hiver en formation. C'est un point essentiel : l'objectif n'est pas seulement d'avoir moins de parasites en décembre, mais de faire naître à temps une population d'abeilles d'hiver suffisamment saine pour tenir jusqu'au redémarrage printanier. Que faire au rucher en septembre ? La conduite à tenir dépend du contexte local, de la date de la dernière récolte, des miellées tardives, de la présence de couvain, du niveau d'infestation et du traitement déjà réalisé. Il n'existe donc pas de recette unique. En revanche, plusieurs réflexes sont valables dans la plupart des ruchers. Mesurer la pression du varroa Le comptage permet de passer d'une impression visuelle à une décision sanitaire. Selon les protocoles et les réseaux techniques, plusieurs méthodes sont utilisées : chute naturelle sur un lange, prélèvement d'abeilles avec lavage ou autres méthodes validées localement. L'essentiel est de suivre une méthode reproductible et d'interpréter le résultat avec les seuils recommandés par son réseau sanitaire, son ADA, son GDS ou son vétérinaire. Action Objectif en septembre Observer Rechercher les signes de varroose sur les abeilles et le couvain : varroas visibles, ailes déformées, couvain irrégulier, opercules percés ou cellules désoperculées. Compter Mesurer l'infestation selon une méthode adaptée, notamment après un traitement, afin de vérifier que la pression parasitaire a réellement diminué. Contrôler le traitement Vérifier que le médicament a été utilisé conformément à son autorisation et à sa notice, et pendant la durée prévue. Les conditions d'emploi peuvent fortement influer sur son efficacité. Surveiller la réinfestation Rester attentif aux remontées de varroas liées aux dérives, au pillage ou à des colonies voisines très infestées. Préparer l'hivernage Evaluer en parallèle les réserves, la force de la colonie, l'état de la reine et l'organisation du nid à couvain. Le varroa n'est qu'un élément de la préparation à l'hiver. Traitement varroa avant l'hiver : raisonner selon le couvain et les médicaments autorisés Le choix d'un traitement contre le varroa ne doit pas être improvisé. Il faut respecter les médicaments vétérinaires disposant d'une autorisation de mise sur le marché, leurs indications, les conditions de température et de présence de couvain, ainsi que les règles liées aux produits de la ruche. Les stratégies diffèrent selon la période et la situation de la colonie. En pratique, septembre sert souvent de point de contrôle : traitement principal en cours ou terminé, mesure de l'infestation résiduelle, puis planification éventuelle d'une intervention hivernale lorsque les conditions biologiques et réglementaires la rendent pertinente. Les erreurs à éviter en septembre Attendre de voir des abeilles aux ailes déformées avant d'agir. Les signes cliniques marqués correspondent souvent à une infestation déjà importante. Supposer qu'un traitement a forcément fonctionné. Sans contrôle post-traitement, une inefficacité partielle peut passer inaperçue. Se focaliser uniquement sur les réserves. Une ruche lourde peut malgré tout être fragilisée par le varroa. Multiplier les traitements sans stratégie. La lutte doit être raisonnée, conforme aux conditions d'emploi des médicaments autorisés et intégrée à une surveillance régulière. Négliger la dynamique du rucher. La dérive et le pillage peuvent participer à la réinfestation, notamment lorsque certaines colonies voisines restent très parasitées. À retenir : en septembre, l'objectif est de protéger les abeilles qui feront l'hiver Septembre est une période décisive parce qu'il conditionne la qualité de la population qui traversera l'hiver. Plus que la simple présence de varroas, c'est le niveau d'infestation au moment où naissent les abeilles d'hiver qui doit retenir l'attention. Une surveillance sérieuse, un traitement correctement conduit après la dernière récolte et un contrôle de son efficacité permettent d'éviter de découvrir trop tard une pression parasitaire excessive. Pour l'apiculteur, la bonne question n'est donc pas seulement « Ai-je traité contre le varroa ? », mais « Mon niveau d'infestation est-il suffisamment bas pour permettre à la colonie d'hiverner dans de bonnes conditions ? ». En septembre, cette différence de raisonnement peut peser lourd sur la survie de la ruche et sur son redémarrage au printemps. Questions fréquentes 1) Pourquoi faut-il surveiller le varroa en septembre ? Parce que les abeilles d'hiver se développent alors que la population de la colonie diminue. Une forte charge parasitaire peut donc se concentrer sur les abeilles qui devront survivre pendant plusieurs mois. 2) Faut-il traiter le varroa en septembre ? Cela dépend du calendrier de récolte, du traitement déjà réalisé, de la présence de couvain et du niveau d'infestation. Le choix du traitement doit respecter les médicaments autorisés, leur notice et les recommandations sanitaires locales. 3) Comment savoir si un traitement anti-varroa a été efficace ? En réalisant un comptage post-traitement selon une méthode validée et en comparant le résultat aux seuils utilisés par les organismes sanitaires et techniques de votre région. 4) Pourquoi un traitement tardif peut-il être insuffisant ? Parce qu'il peut réduire le nombre de varroas présents sans réparer les dommages déjà subis par les abeilles d'hiver pendant leur développement. 5) Le varroa peut-il provoquer des pertes hivernales ? Une infestation importante est un facteur majeur d'affaiblissement : elle raccourcit la durée de vie des abeilles et favorise notamment la transmission de virus, ce qui augmente le risque de défaillance de la colonie pendant l'hiver.