Publié : 16/06/2026 Quand et comment ajouter une hausse sur une ruche ? Catégories : Apiculture L’ajout d’une hausse est l’une des étapes les plus attendues de la saison apicole. En effet, c’est le signe que la colonie se porte bien et qu’elle se prépare à produire du miel en quantité. Mais poser une hausse trop tôt, trop tard ou de la mauvaise manière peut compromettre le développement de la colonie et la récolte à venir. Dans cet article nous allons voir précisément quand ajouter une hausse sur une ruche, comment procéder correctement étape par étape et quelles erreurs éviter pour que vos abeilles démarrent leur saison de production dans les meilleures conditions. Qu’est-ce qu’une hausse et à quoi sert-elle ? Avant d’aborder le moment idéal pour poser une hausse il est important de bien comprendre ce qu’est cet élément et son rôle dans la ruche. Différence entre le corps de ruche et la hausse : Une ruche est généralement composée d’un corps de ruche et d’une ou plusieurs hausses. Le corps de ruche est l’élément du bas, dans lequel vit la colonie. C’est à cet endroit que se trouvent le couvain, les réserves de pollen et une partie des réserves de miel nécessaires à la survie de la colonie. La hausse, elle, est plus petite. Elle se place au-dessus du corps de ruche. Elle est destinée exclusivement au stockage du miel que l’apiculteur pourra récolter, sans toucher aux réserves vitales de la colonie. Rôle de la hausse dans la production de miel : Cette question revient souvent chez les apiculteurs débutants. Le bon timing dépend de plusieurs facteurs combinés qui sont l’état de la colonie, la météo et la période de l’année. Les signes qui indiquent qu’il est temps Le principal indicateur reste l’état du corps de la ruche. On considère généralement qu’il est temps de poser une hausse lorsque 7 à 8 cadres sur 10 du corps de ruche sont occupés par les abeilles, avec du couvain bien développé et des réserves de pollen et de miel visibles sur les cadres restants. On retrouve d’autres signes pouvant confirmer cette observation qui sont une activité intense à l’entrée de la ruche, avec un trafic important de butineuses chargées de pollen et une population qui semble déborder lors de l’ouverture de la ruche. Si vous constatez que les abeilles commencent à construire des cires au sommet des cadres ou entre le corps et le couvre-cadre c’est également signe qu’elles manquent de place. Le rôle de la météo et de la miellée Le calendrier n’est pas le seul facteur, la météo locale et le démarrage de miellée (selon les régions) jouent un rôle déterminant. Une ruche peut être prête en termes de population, mais si les températures restent basses ou si aucune miellée significative n’a démarré, poser la hausse trop tôt n’apportera aucun bénéfice. Erreurs fréquentes : trop tôt ou trop tard Poser une hausse trop tôt présente plusieurs inconvénients. La colonie doit chauffer un volume plus important qu’elle ne peut occuper, ce qui consomme de l’énergie et peut ralentir le développement du couvain. De plus les abeilles peuvent délaisser la hausse pendant plusieurs semaines si elle est posée trop en avance, ce qui ne sert à rien. À l’inverse, poser une hausse trop tard est souvent plus problématique. En effet, la colonie, à l’étroit, peut développer un comportement d’essaimage. Une partie de la population quitte alors la ruche avec l’ancienne reine pour fonder une nouvelle colonie ailleurs, ce qui réduit la population restante et donc la future récolte. Comment poser une hausse correctement ? Une fois le bon moment identifié la pose de la hausse elle-même est une opération simple, à condition de respecter quelques étapes clés. Le matériel nécessaire : Avant de commencer, il faut préparer le matériel suivant : la hausse elle-même, propre et en bon état, des cadres équipés de cire et une grille à reine. Pensez également à votre enfumoir ou à la combinaison de protection car l’opération nécessite l’ouverture complète de la ruche. Les étapes pas à pas pour installer la ruche : La pose se déroule en plusieurs étapes. Commencez par enfumer légèrement l’entrée de la ruche et soulevez doucement le couvre-cadre. Retirez ensuite le couvre-cadre et si vous utilisez une grille à reine, posez-la directement sur le corps de la ruche, en vous assurant qu’elle recouvre bien l’ensemble des cadres sans laisser d’espace sur les côtés. Placez ensuite la hausse garnie de ses cadres par-dessus la grille à reine. Vérifiez que la hausse est bien centrée et stable sur le corps de ruche, sans interstice qui pourrait laisser passer le froid, l’humidité ou des nuisibles. Replacez enfin le couvre-cadre et le toit de la ruche. Nous conseillons de réaliser cette opération par temps calme et plutôt doux, en milieu de journée, lorsque les butineuses sont nombreuses à l’extérieur, ce qui limite le dérangement de la colonie. Quand et comment ajouter une deuxième hausse ? Si la miellée est généreuse, il est fréquent qu’une seule hausse ne suffise pas pour stocker tout le miel produit par la colonie. Il faut alors envisager d’en ajouter une seconde. Signes que la première hausse est pleine Il faut vérifier le taux d’occupation des cadres. Lorsque 7 à 8 cadres de la première hausse sont bien remplis et operculés, ou en cours d’operculation, c’est le moment d’envisager une deuxième hausse. Attendre que la totalité des cadres soit pleine présente le même risque que la première hausse et cela peut freiner l’activité de stockage des butineuses. Méthode d'ajout (au dessus ou en intercalaire) On retrouve deux méthodes qui sont couramment utilisées. La première consiste à poser la nouvelle hausse au-dessus de la première, ce qui est le plus simple et le moins perturbant pour la colonie. La seconde appelée intercalaire consiste à placer la nouvelle hausse vide entre le corps de ruche et la première hausse déjà bien avancée. Cette méthode peut stimuler les abeilles à coloniser plus rapidement la nouvelle hausse, car elle se trouve plus proche du nid à couvain, mais elle demande de manipuler des hausses pleines de miel qui sont parfois très lourdes. Les erreurs courantes à éviter Pour conclure voici les principales erreurs observées : Hausse trop tôt Comme évoqué précédemment anticiper trop tôt peut ralentir le développement de la colonie en lui faisant chauffer un volume inutile. Manque de surveillance après la pose Lorsqu’on pose une hausse, il faut assurer un suivi régulier de la colonie. Beaucoup d’apiculteurs posent une hausse, puis espacent trop leurs visites ce qui peut conduire à un retard dans l’ajout d’une seconde hausse, ou à ne pas détecter à temps un début de blocage de ponte. Un contrôle toutes les une à deux semaines pendant la période de miellée permet d’ajuster le volume de la ruche en fonction de l’évolution réelle de la colonie.